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le travail, matière 1

vendredi 5 avril 2019, par djeleas

le travail, matière 1, sujet délicat

personnages ;
Cargenome -------------------- qui n´a rien
Èsadolle ------------------------ qui a des oreilles
Phéninchie -------------------- qui a une chouète maison
Nosvolga ---------------------- qui a 5000€/mois

9 euros sur le compte, les 150 sont tous partis. Il n’a à nouveau plus rien. Cargenome s´est levé tôt avec Èsadolle malgré qu´il n’a que peu dormis. Même pas de quoi payer un billet de retour. Pause métro, il vole des gâteaux à place de Clichy, il arrive déjà très fatigué. Il y a là, debout, la mère à Phéninchie, ils discutent. Ils discutent un peu argent et surtout travail. Travail, tout comme il en a longuement parlé hier avec Èsadolle qui l’a écouté exposer son problème avec le fait que son ami Nosvolga touche 5000 euros par mois. C’est irrésolvable pour lui, mais il ne fuit pas et tente de dérouler, d’argumenter. Le libéralisme, la méritocratie, ont tout bousillé.

Èsadolle -Qu’est-ce que ce « tout » dont tu parles ?

Carge - l’amitié.
Et en voici un bel exemple. L’amitié de Nosvolga, qui connaissait mon travail à moi, de destruction du libéralisme, qui était même mon collègue. Je n’attend pas qu’il me pardonne puisse qu´il savait très exactement à qui il avait à faire. Que pour moi tout était bien évidement politique, à commencer par l’amitié, puis tous les choix faits dans la vie. Il à choisi de s’amuser au travail, il a choisi de suivre les requins. Il assumera donc. Quand à moi la lumière est suffisamment éteinte dans mon boudoir pour que je ne craigne qu’elle s’éteigne d’avantage par cette perte.

Èsa -...

Carge - Avec 5000€ moi je fais vivre 500 personnes, tandis que lui non. Il y a un problème de logique, d’attitude à la base. Vois-tu Èsadolle, je tente de me mettre à sa place pour comprendre. Il se trouve qu´à sa place j’aurais tout dépensé en une semaine, je n’aurais plus rien. Pourquoi ? Car j’aurais tout partagé, naturellement. Il y avait le principe de base lorsqu’on vivait ensemble dans les squats. Le principe du pot commun. De répartir solidairement. Sauf que lui, comme d’autres, ne le fait pas. L’argent est individualisé plutôt que mutualisé. Puis si j’avais ça, au fond, je l’utiliserais pour ne plus avoir besoin de l’utiliser ; pour faire sauter l’argent, son système. C’est à dire qu’avec cette volonté c’est donc impossible que j’en ai, forcément, les gens le sentent à l’avance et refusent de faire commerce.
Mais rester sur l’exemple de Nosvolga ne suffit pas, je veux dire que c’est l’ensemble qui est vicié, maudit, mal constitué ou que sais-je, en tout cas quelque chose ne va pas.

Esa. -Tu peux l’expliquer ?

Carge. -Nous vivons sur des vieux principes. Je veux dire cette société. Notamment sur le principe de base de la valeur du travail. Déjà, il y a un sérieux problème lorsque quelqu´un qui travaille peut atteindre un tel salaire et qu’automatiquement cela créé des excluEs qui n’ont rien, rien à ce point, rien de rien.
C’est que la valeur travail est toujours surpuissante. Mais c’est une fausse valeur par les points suivants. Que le travail n’est plus utile par surproduction générale que le travail est déconnecté de son but. Son but sur ce principe est, pour la personne, de gagner de l’argent pour manger.
Hors, tandis que les métiers de travaux les plus directs, entre l’effort et le produit qui répond au besoin primaire de manger, l’agriculture est rabaissée depuis des siècles à rien du tout, que c’est un métier automatisé, laissé aux machines, tracteurs, au plus bas de l’échelle du travail, d’autres métiers ne cessent de s’inventer tels qu’on en arrive à avoir des gens qui travaillent à gagner de l’argent pour d’autres pour gagner de l’argent pour d’autres, pour gagner de l’argent pour enfin pouvoir se nourrir. Et les surcouches s’accumulent et la liste s’allonge. Ça devient absolument n’importe quoi.

Esa - Le salaire de base pour qui ne travaille pas ?

Carge - Non ce n’est pas la solution car c’est une consolidation du système absurde et dégueulasse déjà en place. J’entend, ça reste un salaire, c’est la même logique et en plus contradictoire. Un salaire à rien faire ? Et surtout la logique que tout doit être quantifié, sous-pesé, valorisé. C’est une folie pure que celle qui est en place de frénétiquement tout comparer et monétiser. La vie n’est pas quantifiable.
Comprend-tu ? Avec 5000€ par mois... plus de deux fois ce que gagnait ma mère par année avec deux enfants à charge. Pour moi le problème est règlé, mais combien de familles dans la même situation, avec rien de rien. Les mômes n’ont rien demandé et c’est dégueulasse, grandir comme ça.

Esa - Et pas que les mômes...

Carge -Oui, les mères, les autres bien sûr.

Esa- Et la plupart des familles en fait.

Carge - Oui, pendant que ces métiers stupides accumulent. C’est absurde. C’est rageant. L’absurde, parlons-en. Il y a l’esclavage, c’est révoltant. pendant que certains exercent le travail qui leur plaît et en viennent à s’excuser d’en gagner fort salaire, tous les autres en subissent la norme que le travail est obligatoire et normal, et même si la plupart sont obligés de travailler en peine par des activités non choisies. Les premiers œuvrent, font de l’art, de la technique, ils ont un savoir-faire et ne peinent que parce-qu´ils décident eux-même de peiner. Pas parce que c’est forcé mais parce-qu´ils aiment bien l’esprit de compétition. Être le meilleurs, se dépasser, toujours plus. Mais à la base, donc, ce n’est pas du travail, c’est un salariat d’effort qui procure du plaisir et de l’accomplissement. L’émulsion et le dépassement de soi ça peut être sympa, mais dans le confort de ne pas y risquer sa vie.
Rha...! les métiers de l’informatique.

Vomir ces mots. Être « très énervé » mais se donner du repas d’autres mots quand même. Performer mais respirer et manger amaigri certes, par avoir à défoncer les absurdes à avancer seul hors asphalte sans sécurité, à casser les murs, le silence. Tout le monde le sait que ça pourrait être plus simple et pourtant personne ne fait rien. Que il reste la solidarité de la maison de Phéninchie à prendre pour exemple.
Performer, ce n’est pas un jolie mot mais il convient, dans la douleur souvent c’est fatiguant, difficile. C’est mon travail, c’est ça qui m’apporte bonheur. Avec les valeurs de ce genre d’ouvrages qui me correspondent, l’aspect créatif, l’aspect découverte. Le travail est toujours un effort, une confrontation à une résistance. Ce n’est pas ça que je critique. Mais chez eux

Èsa - C’est qui « eux » ?

Carge - Les idiots.

Èsa - Pourquoi « les idiots » ?

Carge -Qu-est ce qu’il y a à la base du travail, de l’absurde ? Car la vie est brève, ce « eux » est ça ; les voitures qui passent, ils vivent à trois-cent à l’heure et pourtant sont immobiles. Tel un feu de paille, ils brûlent tout ce qui peut brûler, s´émerveillent du fait de vivre, de profiter, de brûler, de la lumière des téléphones, du feu des moteurs, bref, ils consomment. De ce fait, s’agitent en tous sens et ne pensent pas. Chambouler les grains du désert, travailler pour rien, comme ça, pour la flambe, moi aussi je sais faire ! Pourtant, toi et moi on ne le fait pas, pourquoi ?

Changer de paradigmes, de prémisses, de préquelles, de préambule.
Soit, ce principe de travail comme valeur sacrée on le préserve. Et en ce cas il faut qu’ils admettent les boulots inutiles et répartir équitablement.
Soit on change ce principe de base, qui dit que l’existence doit se mériter par le travail et se mériter par l’utilité. L´utilité aux autres, à la communauté, c’est-à-dire qu’en ce cas là, le travail n’exige plus le sacrifice, le fondamental sacrifice au nom de la cause, de soi-même, de l’individu, de la volonté propre, c’est-à-dire d’apporter un vide de sens au vide de sens plus gros. Car tels sont les compromis, des sacrifices pour s’intégrer, une croix sur ses sensations, sur ce que l’on sait vraiment être utile.
Est utile la confrontation avec ce qui nous résiste. Disons que la plupart des gens travaillent pour s’empêcher de penser, par paresse intellectuelle, par posture face à la vie. Semblable à du repos. Soit, l’exact inverse du travail. Le terme est vicié, ils nagent dans l’impensé, pendant que nous on fatigue vraiment dans quelque chose de bien plus semblable à du travail ; réparer leurs erreurs, penser là ou illes dispersent follement les ressources, les énergies, consomment ce dont nous-même avons besoin, la terre entière. La terre pour faire semblant et s’agiter, voilà comment ils la conçoivent.
J’en ai preuve que vous voyez bien que le travail est devenu un privilège. C’est impensable pour quelque chose réputé intrinsèquement fatiguant. Je reformule, comment ce qui est difficile est fatiguant peut être un privilège ? Pourtant c’est bien le cas, en l’état actuel des choses, il apporte la sécurité, le confort et même la nourriture et le logement, sans parler du reste, les rencontres et le social. Le travail est surestimé, il est doté et fourni un apport en logement, vivres, récompenses et même l´accès à la santé par les soins, mutuelles et autres ! La blague.

Ajoutez-donc à ça l’esclavage. Regarde Èsadolle, hier je marchais à Saint-denis. Trois pubs ; Une au milieu de la foule désargenté placardée là en évidence destinée à la promotion des « métiers du luxe ». C’est à dire de s’occuper des plaisirs des riches. Sans ambages, c’est grossier, cette pub plantée là. Saint-Denis recueille toujours ce qu’il y a de pire. Deuxième pub, novlangue complète « Mon travail à moi c’est donner de l’éclat au domicile de mes clients » avec une photo d’une nana au grand smile avec un plumeau. Alors là, vraiment c’est dégueulasse ! Du pur esclavage doublé d’insulte. Détournement du mot « maître » en « client », qui ont eux des domiciles richement parés, on en doute pas. Là est l’argent, là est le travail.
Merde, on est tous dans la merde et pas un pour voir que tous font exactement les mêmes compromis. Aller lécher les couilles des possédants. Et même les possédants souvent pâtissent de leur richesses, ne savent plus qu’en foutre et en sont rongés. Tout ça, car c’est la convention, le fonctionnement, le déséquilibre incessant.
Je veux pas faire le marxiste, je conchie Marx qui ne cita jamais sa source lucretienne et pour plein d’autres raisons, je renie toujours l’économie. Je suis un chercheur de formules tout de même.

Bref, Èsadolle, qu’est ce que je fais de Nosvolga ?

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